UN est TOUT - TOUT est UN

Un est tout, tout est un.  

THICH NAHT HANH

Extraits de  comment obtenir le  miracle de vivre éveillé

Traduction  interprétée en L.A.C.  de Béatrice  BORRULL

 

Quang, j’aimerais consacrer quelques lignes à parler des méthodes qu'un travailleur peut utiliser pour arriver à la libération  de points de vue étroits et obtenir l'intrépidité  et une grande compassion du  BODHISATTVA.

Ces méthodes sont la contemplation de l'interdépendance, l'impermanence et la compassion.

Pendant  que tu t'assois  en méditation, après avoir calmé ton esprit, tu peux diriger ta concentration à considérer, contempler  la nature interdépendante de certains objets.

Cette méditation n'est pas une divagation réfléchie sur la philosophie de l'interdépendance ; c'est une pénétration de l'esprit (mental),  dans l'Esprit (le mental) lui-même, en utilisant le pouvoir de la concentration pour provoquer les objets considérés à révéler leur nature réelle.

Tous ceux qui ont étudié les enseignements de VIJNANAVADA savent que le terme VIJNANA  (Conscience) comprend tant le  sujet comme l'objet de la connaissance.

 L'Objet et le Sujet de la Connaissance ne peuvent pas exister indépendamment.

Voir signifie voir quelque chose, entendre c’est d'entendre quelque chose, être fâché c’est être fâché par quelque chose, espérer  c’est espérer quelque chose, penser c’est penser quelque chose, etc.

 

Quand l'objet de la Connaissance (quelque chose), n’est pas présent, il ne peut pas y avoir un sujet qui reçoit la connaissance.

 

Le pratiquant médite sur l'Esprit (mental), et en le faisant, il est capable de voir l'interdépendance qui existe entre l'objet et le sujet de la connaissance.

Quand nous pratiquons l'attention sur la respiration, cette connaissance sur la respiration est mentale ; Quand nous pratiquerons l'attention sur le corps, la connaissance sur le corps est mentale ;

Quand nous pratiquerons l'attention sur les objets externes, la Connaissance sur ces objets est aussi mentale.

Par conséquent, la contemplation de la nature, de l'interdépendance de tous les objets, est aussi la contemplation du mental.

Chaque objet du mental, est mental en lui-même.

 

Dans le Bouddhisme, on appelle les objets du mental DHARMAS et ils sont regroupes en cinq catégories :

1.       Les formes physiques et corporelles

2.       Les sensations

3.      Les émotions

4.      Les fonctionnements ou mécanismes mentaux

5.      La conscience

Ces cinq catégories sont appelées les cinq ensembles.

Toutefois, la cinquième catégorie, CONSCIENCE, contient toutes les autres et elle est la base de son existence. 

 

La contemplation de l'interdépendance est un approfondissement dans tous les dharmas pour pénétrer leurs véritable nature et les voir comme parties du grand corps de la réalité et voir celui-ci comme indivisible.

Il ne peut pas être divisé en des morceaux qui ont, chacun en soi déjà, une existence propre séparée de la totalité.

 

Le premier objet de contemplation que nous devons prendre compte, est notre propre personne, l'union des cinq ensembles en nous-mêmes. Le pratiquant considère, juste ici et maintenant, les cinq ensembles qui le forment.

C’est en son propre corps que le pratiquant  prend conscience de la présence de forme corporelle, sentiments, perceptions, fonctions mentales et conscience ;

Il observe  ces « objets » jusqu'à ce qu'il arrive à voir que chacun d'eux a une connexion intime avec le monde extérieur :

Si ce monde n'existe pas, l'union des cinq ensembles ne peut pas non plus exister.

 

Supposons par exemple une table ; l'existence de la table est possible grâce à l'existence des choses que nous pouvons appeler le monde de ce qui est et qui n'est pas une table : la forêt laquelle il a poussé et dans laquelle a été coupé le bois, le charpentier, l'acier ou tout autre matériel duquel sont faits les clous et les vis….  Et une innombrable accumulation de choses qui ont une relation avec la table, depuis les pères et les ancêtres du charpentier jusqu'au soleil et à la pluie qui ont rendu possible la croissance des arbres.

 Si nous captons  la réalité de la table nous voyons que dans la table elle-même, sont présents toutes ces choses que nous considérons normalement un monde qui n’a rien à voir avec la table, et que si nous séparons chacun des éléments mentionnés et nous les restituons à ses sources - les clous de la mine de fer, le charpentier à ses pères la table n'existerait pas.

La personne qui regarde la table et peut voir l'univers est une personne qui peut voir le chemin.

Le  pratiquant méditera de la même manière sur l'accord des cinq ensembles en lui-même.

Il méditera sur eux jusqu'à ce qu'il puisse voir leur présence en lui et soit capable de voir que sa vie propre et la vie de l'univers sont intimement liées.

Si les cinq ensembles retournent à leurs origines, l'être cesse d'exister.

A chaque seconde le monde a alimenté  les cinq ensembles.

L'être ne diffère pas de la réunion de ces cinq ensembles.

Et cette réunion joue aussi un rôle crucial dans la formation, la création et la destruction de toutes les choses de l'univers.

 

THICH NAHT HANH

Extraits de  comment obtenir le  miracle de vivre éveillé